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Vendredi 30 juin 2006

Voici ma Quatrième nouvelle publiée dans ce blog : « Saint Valentin » ci-dessous.



Saint Valentin


J’arrive en avance dans la salle de réunion pour installer mon matériel.

Je vois entrer une fille. Elle pose rapidement une douzaine de sets, soucoupes, tasses et petites cuillères sur la table nue de la salle de réunion, sans qu’on entende le tintement des tasses et cuillères dans les soucoupes.

Elle attire immédiatement mon intérêt et, tout le reste de la journée, je l’observe chaque fois que j’en ai l’occasion. Elle n’est pas impressionnante mais pour moi, qui sais regarder, elle est remarquable.

Elle peut rester immobile sans avoir cet air absent qu’on observe chez les apathiques, ni cet air pénétré – on se demande par quoi – propre à ceux qui prétendent avoir atteint la sérénité. En fait, elle perçoit activement son environnement sans avoir besoin de bouger. Et quand elle bouge, elle s’active en vue d’un résultat défini, sans sécheresse ni précipitation.

Elle n’est qu’une petite employée dans cette firme où je suis venu délivrer un séminaire à l’état-major, et ma consultation se termine ce soir même. Je voudrais pourtant la revoir mais ne puis rien manifester. Chez un client, vous pensez !

Je quitte mon client vers 18 heures 30 : ils sont ravis de mon séminaire sur la gestion des devises, et très contents des exercices pratiques sur cas réels.

En rentrant au bureau pour y déposer mes diapos et mon ordinateur portable, je trouve une note de ma secrétaire demandant de rappeler une certaine Mademoiselle Maï à un numéro indiqué.

Je ne connais pas de Demoiselle Maï mais je rate un battement de cœur : la fille que j’ai observée avec tant d’intérêt, aussi invraisemblable que cela semble, j’espère que c’est elle qui m’a laissé ce message.

Je m’installe dans mon fauteuil, baille, m’étire longuement, décroche le téléphone et compose le numéro figurant sur la note.
  • — Maï Taï.
  • — Jacques Santue. J’ai trouvé un message demandant de vous rappeler.
  • — Ah ! Je vous remercie de me rappeler si rapidement. Vous … vous savez qui je suis ?
  • — Sauf erreur, vous êtes une personne qui bouge vite quand il faut et qui ne bouge pas quand ce n’est pas nécessaire.
  • — Hi, hi ! Et vous, vous êtes le monsieur qui regarde avec intérêt une petite employée stagiaire sans intérêt.
  • — Je voudrais tout savoir de vous. Je veux dire … j’ai des tas de questions à vous poser. Je voudrais vous parler.
  • — …
  • — Êtes-vous libre à dîner ce soir ?
  • — Le problème, c’est que je viens de rentrer après ma journée, qu’il bruine et que je n’ai pas envie d’affronter le froid …
  • — Ah.
  • — … d’autant que j’ai déjà pris mon bain et que je me sens pas le courage de me rhabiller pour sortir.
  • — Je vois.
  • — Supportez-vous la cuisine asiatique ?
  • — J’adore !
  • — Bon, alors il y a un traiteur vietnamien pas loin de chez moi. Venez. Je vous indiquerai et, si vous voulez, on dînera ici. Voici mon adresse.

*  *  *


J’arrive devant sa porte à 20 heures. Je sonne et j’entends : « Un instant ». Lorsqu’elle m’ouvre la porte, elle finit de nouer la ceinture d’un minikimono de soie. Elle l’a endossé à la va-vite, semble-t-il, et il n’est pas droit sur elle.

Elle m’attendrit : elle a dû passer cinq minutes devant le miroir en pied, dans l’entrée, à régler le dérèglement de son vêtement.


*  *  *

  • — J’avais pensé à t’envoyer chez le traiteur en bas, mais maintenant il est fermé.
Je regarde ma montre : 22 heures et quelques.
  • — Je comprends, mais j’ai une faim de loup.
  • — Moi aussi, et j’ai envie de sortir, de prendre des forces, d’écouter de la bonne musique et de rentrer avec toi : nous avons tout le week end.
  • — J’ai faim, te dis-je ! Je vais d’abord te manger.
  • — Aah ! Tu as déjà tout mangé. Il ne reste plus rien !
  • — L’amour, c’est comme un compte de fées : une fille, plus on en mange, plus on y trouve à manger.
On finit par sortir vers 23 heures. Bras dessus-bras dessous, les jambes pas très sûres, on marche en zigzag jusqu’à un taxi qui passe opportunément.


*  *  *

  • — Une moule à la Gueuze, une moule au curry. Vous voulez des frites avec ?
  • — Ah, oui alors ! Avec de la mayonnaise, s’il vous plaît.
  • — Et vous, Monsieur ?
  • — Non merci. Je taperai dans ses frites.
  • — Disons une frite, et si vous avez faim après …
Le serveur s’éloigne.

Nous sommes en vitrine à la terrasse couverte et bien chauffée d’un authentique restaurant belge tenu par des Normands à Paris. Le restaurant est petit, mais réputé pour ses bières – variées et bien tirées – et pour la robuste qualité de sa cuisine. On a dû attendre vingt minutes au bar avant d’avoir une table, d’autant qu’on est vendredi et que c’est la Saint Valentin.
  • — Cette odeur de bonne cuisine me met en transe !
  • — Oui, elle nous saisit dès qu’on ouvre la porte.
  • — Quelle bonne idée ! Comment y as-tu pensé ? Tu es un amateur de bières ?
  • — Surtout de moules.
  • — C’est vrai que les Belges … Est-ce que tu crois que les moules sont aphrodisiaques ?
  • — Eh bien, c’est beaucoup de protéines et c’est assez hypertenseur, donc …. Et il y a aussi la théorie des signatures.
  • — C’est quoi, ça ?
  • — Au Moyen-Âge, il existait une théorie selon laquelle la nature bienveillante signe les bons aliments et bonnes médecines en leur donnant un aspect qui rappelle un aspect de l’organe à nourrir ou à soigner.
  • — Alors les moules, c’est bon pour le sexe des femmes ?
  • — C’est ce qu’on pensait au Moyen-Âge.
Lorsque les moules arrivent, nous décidons de partager : d’abord les moules à la Gueuze, moins fortes au goût, puis les moules au curry. Nous mangeons sans les couverts, ce qui donne lieu à un jeu : nous saisissons la même moule, chacun tire sa coquille … et un seul mange.

Nous parlons surtout par interjections et onomatopées de BD, et nous nous amusons beaucoup.

Comme il devient évident qu’elle mange plus souvent que moi – elle aime gagner et j’aime la regarder manger – on finit la seconde marmite de moules au bouche-à-bouche : elle me passe beaucoup des moules qu’elle gagne.
  • — Avoue que je suis gentille.
  • — Tu est très gentille. Et tu tiens bien ton rôle de femme.
  • — Comment ça ?
  • — C’est à la femme de nourrir son homme, non ? Et tu fais ça très bien.
  • — Décidément tu ne penses qu’à ça … manger je veux dire.
  • — Hé !
  • — Ma mère m’avait prévenue. Ah ! Nous, pauvres femmes … Freud avait raison, il nous manque un pénis.
  • — Freud était un crétin. Il n’a même pas remarqué … Regarde la vérité en face : d’accord, de nous deux, c’est moi qui ai le pénis, mais …
  • — C’est moi qui ai la télécommande. Je sais.
  • — Ouaah ! Je croyais t’apprendre quelque chose ! Tu sais, je t’aime de plus en plus. Je t’aime vraiment. Je … je t’aime quoi …
  • — Moi aussi, je t’aime vraiment.
On se regarde sans se parler, un temps indéterminé.

Je m’ébroue comme un chien qui sort de l’eau.
  • — Bon ! Si on passait au dessert ?
  • — D’accord. Il est temps de penser à toi : deux bananes.
  • — Si c’est pour la signature, une banane c’est trop courbe. Je propose plutôt deux crèmes brûlées. Il y a du sucre de canne.
  • — La canne à sucre c’est … parfait pour moi.

Elle prend un air rêveur :
  • — J’aimerais me promener toute nue dans un champ de cannes à sucre, partout, jusqu’à l’horizon. En marchant, je courberais les longues tiges, elles caresseraient mes cuisses …
  • — Ces messieurs-dames prendront un dessert ?
  • — Deux cuisses à sucre … euh …cannes brûlées … deux …
  • — Excusez-le, il est dans son petit nuage. Deux crèmes brûlées.

*  *  *

  • — Où est-ce que tu m’amènes ?
  • — Pas loin, dans une boîte où passent de très bons musiciens de jazz. Tu aimes ?
  • — Je n’aime pas, j’adore. Tu n’as pas encore eu l’occasion de voir ma collection de musique. Tu verras.
Durant les quelques minutes qui suivent, nous échangeons nos goûts musicaux.
  • — Et voilà ! Nous sommes arrivés.
  • — C’est tout petit, on pourrait passer devant sans le voir !
  • — Tout se passe dans les profondeurs de la cave.

Je pousse la porte et la précède. Ça ressemble à un bar à la décoration ancienne.

En fait c’est un bar à la décoration ancienne.

Le comptoir fait face à la porte. Le trou d’un escalier descendant, à droite du bar quand on entre, semble mener aux toilettes.

En fait il mène aux toilettes.

Mais on entend une sono. À mesure qu’on descend, la musique devient plus forte. Une fois en bas, on jurerait qu’il y a un vrai orchestre.

En fait il y en a un.

Et c’est pour la musique qu’on fréquente cet endroit. Je voudrais trouver une table au fond, face à l’orchestre, comme d’habitude. Mais d’habitude, je ne viens pas le vendredi. Et c’est la Saint Valentin, en plus ! Les seules tables encore libres ne permettent même pas de voir l’orchestre.

Le serveur nous propose une alcôve à deux places, et Taï décide que nous serons bien là :
  • — D’accord, nous ne verrons rien mais nous profiterons de la musique.
  • — Et on ne nous verra pas.
Je l’aide à retirer son manteau.
  • — Toi, tu as une idée derrière la tête.
  • — Oh ! Comment pourrais-je ? Ça déplacerait mon auréole !
  • — Saint Jacques, je l’ai rencontré à la Saint Valentin.

*  *  *
  • — Je comprends pourquoi tu m’avais demandé de ne rien mettre sous ma robe. Mais arrête, pas maintenant.
  • — Mais …
  • — Arrête !
Elle se lève d’un bond et va fermer le rideau de l’alcôve.
  • — Décidément, tu as toujours une longueur d’avance.
  • — Nous, les femmes, si on n’avait pas plusieurs longueurs d’avance, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus personne dans le coin !
Elle se rassoit.

— Moins de discours et plus d’action, Monsieur !

*  *  *


Pour sortir de l’alcôve, vers 2 heures du matin, j’ouvre le rideau. Une feuille de papier tombe par terre. Je la ramasse, souris et la montre à Taï. On y lit :
DON’T DISTURB — VALENTINE DAY IN PROGRESS

À trois tables de là, je vois deux couples d’Américains qui m’observent, hilares.

Comme c’est la pause de la musique, je vais leur demander si nous pouvons nous asseoir avec eux : de là on voit l’orchestre. Je vais chercher Taï. Nous nous présentons les uns aux autres, et je puis enfin m’absenter un moment.


*  *  *

  • — Quelle descente, ces Américains !
Taï ne répond pas. Elle vient de s’endormir contre mon épaule.

C’est le chauffeur du taxi, un Martiniquais, qui continue la conversation : un large échange de vue très environnementaliste sur les mérites comparés des divers rhums agricoles.

Quand je lui confie que j’ai bu six verres de « Marie Galante », il met en doute mon aptitude à honorer ma compagne dans les heures qui suivent. « Mais, ajoute-t-il, au réveil, après quelques heures de sommeil, vous allez pouvoir l’éblouir. La canne à sucre est extraordinaire. »

Voilà ce que l’on peut entendre à quatre heures et demie du matin dans un taxi parisien conduit par un Martiniquais bienvieillant et philosophe.


*  *  *


Il est 14 heures, samedi.
  • — Tu te rends compte ? On dort une heure et on recommence. Et je commence à avoir grand faim.
Taï se jette hors du lit et va se laver.
  • — Je vais aller acheter à manger avant de mourir complètement.
  • — D’accord, mais fais vite. Moi, je suis déjà mort. COUIC !
Je la regarde pendant qu’elle s’habille. C’est rapide : elle enfile un jogging et des baskets. Je m’endors en rêvant d’une fille en sucre dans un champs de canne. C’est moi qui fais la canne.

Elle a un goût poivré. La fille en sucre ? Pas normal ! Je me réveille avec sa langue dans ma bouche.

Elle s’écarte. Ça fait PLOP.
  • — Je t’ai laissé dormir une heure et ça fait un quart d’heure que je te secoue, pour rien. Et j’ai retiré la couette pour que le froid te réveille, pour rien. Et j’ai enfin trouvé le truc pour te sortir de tes rêveries érotiques.
  • — Sans la couette, je ne peux pas nier, Votre Honneur. Mais … sont-ce des œufs au bacon dont je hume le parfum ?
Pendant que je me redresse, elle prend l’assiette posée sur la table de chevet, me la donne et s’assoit à côté de moi.
  • — Mange.
  • — Et toi ?
  • — Moi ? J’ai déjà eu le temps de liquider deux repas.
Je dévore le contenu de mon assiette. Elle me regarde pendant toute l’opération. Quand j’ai fini, je lèche l’assiette et fais mine de la croquer.
  • — Comment s’appelle la délicieuse croûte sous les œufs, Taï ?
Elle se gratte la tête, l’air surpris, et arrondit ses yeux.
  • — Cela s’appelle une assiette en terre cuite, Amigo.
  • — Tu connais aussi Lucky Luke ? Je t’adore !
L’assiette et les couverts tombent sur la moquette pendant que je la bascule sur le lit.

Plus tard, après un court repos, nous décidons de sortir nous promener, pour profiter de ce qui reste de cette fraîche journée ensoleillée, et de dîner dehors.


*  *  *


La nuit suivante, Taï a fait un rêve qui l’a tellement impressionnée qu’elle m’a réveillé pour me le raconter immédiatement.
  • — Nous étions au siège de La Rochelle. Toi, tu tirais sur les papistes de Richelieu ; moi, je chargeais les mousquets. Nous savions que nous allions mourir et nous nous sommes jurés de nous retrouver. Je veux te le dire tout de suite pour ne pas oublier. … Tu y crois, toi, à ces trucs ?
  • — Oui Marianne.
  • — Marianne ? … Oui ! C’était Marianne ! Tu m’appelais Marianne dans mon rêve ! Comment sais-tu ?
  • — Comment aurais-je pu t’oublier, ma Chérie ?
  • — Mais dis-moi, toi, espèce de …
Elle se met à califourchon sur moi et saisit mes poignets.
  • — … qu’est-ce que tu as fait tout ce temps, depuis La Rochelle ?
  • — Je courais la gueuse.
  • — Espèce de … polygame temporel ! Je m’en vais t’en faire voir, moi, des gueuses !

*  *  *


Et elle m’en a fait voir des gueuses, et des fille romantiques, et de tendres amoureuses, et des putains de luxe, et des femmes d’affaire, et des redresseuses de tort, et des mères dures, tendres et attentionnées, et des grands-mères pleines de malicieuses sagesse.

Elle m’a fait voir toutes les femmes en une femme.

Elle vient de mourir, entourée de l’affection des siens. Je ne lui survivrai pas de beaucoup.

Nous nous accordons un petit congé avant de nous retrouver pour de nouvelles aventures.


Mark Neagu — mark@loisirscreatifs.org            
Par Mark - Publié dans : Nouvelle
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Mercredi 28 juin 2006
Depuis longtemps, le sujet de conversation qui semble le plus banal est le temps qu’il a fait, qu’il fait ou qu’il fera, bien avant le sexe, les enfants ou – j’ose à peine le dire en ce moment – le football.

Ce sujet, le plus banal, semble pourtant méconnu !

J’avais donc décidé de condenser en un petit article les principales têtes de chapitres de ce qui constitue la météorologie.

Il s’agissait uniquement d’exciter votre curiosité et votre intérêt sur des sujet très interconnectés et de vous donner des références bibliographiques consultables en librairies et sur le Web.

Mais en cherchant la doc en question, j’ai trouvé tant d’informations intéressantes, bien documentées et bien illustrées (en images fixes et animées) que j’ai décidé de laisser s’exprimer les chercheurs plutôt que de faire perdre leur temps à mes lecteurs.

Ce sera donc à vous d’approfondir les sujets qui vous intéressent. Mais abandonnez toute illusion : les différents sujets sont si interconnectés que vous serez conduit à passer de l’un à l’autre – jusqu’à un certain point où vous estimerez en savoir assez.


Cette image représente beaucoup d’eau sous quelques unes de ses multiples formes.
L'eau est indispensable à la vie sur Terre, qui est basée entre autres sur le carbone.

Même les oiseaux dans le ciel sont de grosses gouttes composées de 60 à 80% d’eau :).

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CNRS — Sagascience – Index

http://www.cnrs.fr/

Ce site est le hub de tout ce qui concerne les connaissances sur le climat : de là, vous accédez à d’autres chapitres du même site, à des liens sur d’autres sites et à beaucoup de bibliographie papier, payante ou téléchargeable gratuitement (moyennant un abonnement gratuit mais obligatoire).



Les pages de Sagascience consacrées aux nombreuses façons d’appréhender le climat, l’environnement, les connexions avec l’astronomie, les astéroïdes, LES couches d’ozone sur lesquelles circulent beaucoup de bêtises sur le Web et ailleurs, la santé et l’art de ne pas bronzer idiot – très nécessaire avant les vacances ;).


CNRS — Dossier Sagascience – Eau

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/accueil.html

L’eau, indispensable à la vie basée sur le carbone et les métalloïdes du même groupe (plus peut-être d’autres) présente des propriétés totalement méconnues du public.

Entre autres choses, l’eau mouille !


Mais pour les physiciens, les chimistes et les biologistes, l’eau mouille plus ou moins, c’est-à-dire qu’elle est plus ou moins pénétrante, plus ou moins apte à mettre des grosses molécules en suspensions (colloïdes) et plus ou moins dissolvante ; elle peut favoriser la vie ou la détruire !

Et elle bout à 100°C, oui mais seulement en moyenne !

Les variations des qualités vitales de l’eau sont connues depuis la préhistoire. Et on peut générer de l’eau saine par divers procédés physiques ou physico-chimiques, et même régénérer de l’eau polluée – très nécessaire avant les grandes chaleurs ;).
  • [ J’écrirai peut-être un jour un article sur des procédés de régénération de l’eau dont certains, faciles à mettre en œuvre avec pas mal d’huile de coude, étaient connus depuis la plus haute antiquité. ]


CNRS — Collection Sagascience – Dossiers

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/saga.htm

Après avoir étudié les sujets qui vous intéressent, vous voudrez certainement observer les interactions des divers facteurs qui contribuent aux climats, à la météo, à la santé, etc. C’est dans ce chapitre que vous trouverez de quoi vous en mettre plein la vue.

Grâce au procédé « La Terre Digitale », vous pouvez voir (et entendre quelquefois) ces spectacles avant d’étudier quoi que ce soit. Mais c’est surtout après avoir étudié ce qui vous intéresse que vous pourrez utiliser ces outils pour des observations fructueuses.

Pour lire ces dossiers : télécharger gratuitement les plugins (= modules pour le système) Flash Player© OU Shockwave Player©, Quicktime© ET RealPlayer© s’ils ne sont pas déjà dans votre système. Ils sont vraisemblablement présents si vous l’avez achetés récemment.



C’est le site consacré aux modèles et prédictions météorologiques locales pour toute la planète. C’est une extension de « La Terre Digitale » totalement intégrée par les mêmes chercheurs et météorologistes passionnés.

En fait, c’est cette extension qui est utilisée par les médias, journaux, télé, etc. Mais vous obtiendrez des informations plus complètes et détaillées sur votre système qu’à la télé, dont les plus étonnantes sont les seuils de confiance des prédictions qui sont corrigées plusieurs fois par jour par des méthodes convolutives.

Ces méthodes mathématiques utilisent la comparaison des prédictions et réalisations observées précédemment pour calculer la prochaine prédiction. Sacré travail qui devrait, à la longue améliorer la modélisation donc la qualité des prévisions.



Intéressants documents PDF à télécharger.


LA RECHERCHE — Les Dossiers – Le risque climatique

http://www.larecherche.fr/special/web/webhs17p1.html

Quatre pages de liens vers des sites Web intéressants (certains en Anglais).
  • Vous y trouverez même des jeux pour vous détendre entre deux lectures difficiles.
  • Le problème, c’est que les plus attirants sont durs à réussir, donc rapidement agaçants. Alors pour la détente … :).
Je vous recommande le dernier Dossier Spécial de La Recherche, consacré au risque climatique, qui doit encore se trouver dans tous les kiosques ou que vous pouvez commander. Il ne coûte que 6,50 Euros pour 98 pages bien remplies de textes et d’illustrations.


UNEP.Net, the Environment Network

http://www.unep.net/

United Nation Environment Portal : site officiel international. Les chiffres, soigneusement contrôlés, ont souvent sept à quinze ans de retard. Mais beaucoup d’informations et de rapports de bon niveau sont toujours valides.



Mesures permanentes des variations périodiques des niveaux des mers et des masses continentales, effets sur les vents, les vagues maritimes, fluviales et terrestres (oui, il existe des vagues terrestres). Interactions climatiques.

Les interactions astronomiques, lumineuses, infrasonores, électro- magnétiques et autres sont extrêmement nombreuses. Une vision différente et peu connue qui exige un effort certain.

Ce n’est certainement pas le site à visiter en premier quand on débute sur le sujet.


Je vous souhaite de bonnes lectures et des découvertes plaisantes.


Mark Neagu — mark@loisirscreatifs.org
Par Mark - Publié dans : Sciences
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Vendredi 23 juin 2006

Voici ma troisième nouvelle publiée dans ce blog : « La Journée de l’Acquitement » ci-dessous.

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La Journée de l’Acquittement

Quatre heures du matin, samedi. J’en ai encore pour deux heures avant que Caroline vienne me remplacer.  Je leur passe des chansons douces.

Bien plus tôt dans la soirée, je leur avais passé de quoi danser, mais pas de la dance : ce n’est pas le genre sur Radio LULU – prononcez Élue-Élu, vous saisissez le jeu de mot ?  Ils ont donc dansé sur des musiques sixties, seventies, disco pendant qu’ils se cherchaient. Plus tard dans la soirée, ils ont dansé sur des slows, pour assurer.

Maintenant, à moins d’un flop, chacun est avec sa chacune. Des chansons douces, c’est donc juste ce qu’il leur faut.

Savez-vous que Radio LULU est la plus écoutée par les jeunes durant les parties privées – anniversaires, boums, etc ?  C’est une enquête d’un organisme indépendant qui le dit. Alors le sentiment, ça existe encore et les jeunes en redemandent. Et on est des grands sentimentaux sur LULU.

Mais le plus sentimental c’est moi, Boniface, fondateur de Radio LULU. Figurez-vous que j’ai rendez-vous demain, dimanche à 7 heures du matin tapantes, entre les pattes de l’Arc de Triomphe de l’Étoile !

À l’époque où j’ai pris le rendez-vous, j’avais une excuse : j’étais un jeunot. Aujourd’hui je n’en ai aucune : j’ai 20 ans. Mais j’irai.

Un rendez-vous fixé il y a dix ans par une brochette de préadolescents imaginatifs qui ont joué à la guerre galactique durant toutes les dernières grandes vacances qu’ils ont passées ensemble.

  *  *  *
  • — Vous vous rendez compte ?  On ne se reverra plus !
  • — C’est ça le problème quand on a des parents : c’est eux qui décident où on va.
  • — C’est comme les chiens : ils se saluent à leur manière, mais les maîtres tirent les laisses et les empêchent de devenir amis.
  • — Nous c’est pire que les chiens : nous, on a la parole mais ils nous écoutent pas.
  • — Ce n’est pas possible ! On ne peut pas laisser les Zoncks s’emparer de notre Galaxie.
  • — Nous avons détecté leur avant-garde sur cette planète de la périphérie. L’Empire est en paix pour quelques années, le temps qu’ils s’organisent.
  • — Oui, Lieutenant Roger, mais après quelques années ?
  • — Eh bien, quelle est votre estimation, Professeur Diem ?
  • — Pas plus de dix ans, quinze maximum.
  • — Alors il faut qu’on re-forme le Commando Galactique dans dix ans.
  • — Bonne idée ! On sera grands, on fera ce qu’on voudra.
  • — Oui, Officier de Renseignement Tiécoura. Fixons-nous rendez-vous … à l’Arc de Triomphe à Paris.
  • — À quelle date, Lieutenant Roger ?
  • — Le jour du printemps, ce sera chouette, il fera beau.
  • — Bonne idée, Officier Médical Marie-Clotilde.
  • — Il y a un blème, Messeigneurs. D’après mon calendrier perpétuel, le 21 mars sera un jeudi. Il vaudrait mieux prendre un dimanche.
  • — Bien vu, Officier de Planning Latifa. Alors prenons le dimanche qui précède le printemps. C’est quoi ?
  • — Le 17 mars.
  • — Facile, c’est mon anniversaire !
  • — Très bien. Messeigneurs, rendez-vous dans dix ans, le jour de l’anniversaire de l’Officier des Transmissions Marie-Pierre, à 7 heures du matin, entre les pattes de l’Arc de Triomphe de Paris.
Nous nous levons et faisons le salut galactique. C’est beau, digne du Corps d’Élite que nous représentons.

*  *  *

Qui sera au rendez-vous demain ? D’abord pas ceux qui auront oublié, et pas ceux qui auront trop vieilli pour tenir une promesse qui ne rapporte rien, et pas ceux qui se tromperont de date, ou d’heure, et pas ceux qui sont partis au loin, ou morts, ou trop malades pour venir.

Il y a des tas d’excuses pour ne pas venir au rendez-vous. Mais moi je n’ai aucune excuse. Alors j’y serai.

Il est 4 heures 15.  Je décide de faire une annonce.  Je la rédige et l’enregistre soigneusement.  Satisfait du résultat, je la diffuse pour la première fois à 4 heures 30 : « Ceci est une annonce spéciale destinée à ceux qui ont pris un rendez-vous il y a longtemps. Je rappelle que, quoiqu’il arrive ou soit arrivé, le rendez-vous est pour demain, dimanche 16 mars à 7 heures du matin. Chacun compte sur vous. »

À la suite de quoi je leur passe « Je ne regrette rien » d’Édith Piaf.

À 5 heures 30, j’interromps la musique et leur repasse mon annonce et la chanson d’Édith.

Caroline arrive à 6 heures, me fait la bise et me demande ce qui se passe.
  • — Rien de spécial. J’ai un rendez-vous à 7 heures demain matin et je veux m’assurer que personne n’oublie.
Je dis à Caroline de repasser mon annonce à la demie de chaque heure.  Elle m’interroge :
  • — Mais il est où, ton rendez-vous ?
  • — Juste à côté, sous l’Arc de Triomphe.
  • — Et pourquoi tu ne l’as pas dit dans l’annonce ?
  • — Pour éviter les curieux. De toute manière, s’ils se souviennent du rendez-vous, ils se rappelleront l’endroit. Allez, à plus.
*  *  *

Dimanche 16 mars 1997, 7 heures moins neuf minutes, heure locale garantie par l’horloge parlante.  Je débouche par le souterrain juste à côté de l’Arc de Triomphe.  Il n’y a personne.  Bon, je suis en avance.  Combien de temps attendrai-je après l’heure ?

J’ai le trac, pire qu’avec une fille la première fois qu’on est seuls ensemble. Je ne sais pas ce qui va se passer mais j’ai le trac quand même.

Curieux, la circulation aujourd’hui. Pas autant qu’en semaine mais tout de même curieux pour un dimanche matin.  Je connais bien les Champs, je travaille à côté : le dimanche matin, on pourrait pique-niquer sur la chaussée jusque vers 10 heures !  Aujourd’hui, c’est férié ou quoi ?
  • — Vous attendez quelqu’un ?
Qui c’est, lui ? Ce n’est pas quelqu’un du groupe, il a au moins quarante ans.
  • — Oui. Et vous ?
  • — Comme tout le monde aujourd’hui, partout dans Paris. Je me demande qui a lancé ce truc.
  • — Quel truc ?
  • — Mais vous savez !  Le truc, là, destiné à ceux qui ont pris un rendez-vous il y a longtemps : « Quoiqu’il arrive ou soit arrivé, le rendez-vous est pour demain, dimanche 16 mars à 7 heures du matin. »
  • — Hein ?
  • — C’est bien, je trouve.  Un rendez-vous qu’on a manqué, on peut le rattrapper aujourd’hui.  Je me demande si elle viendra.
  • — C’était quand ?
  • — Il y a vingt-deux ans.
  • — Mais pourquoi ?
  • — En fait, j’avais le trac.  J’étais … très jeune.  J’espère qu’elle viendra.
  • — La première femme qu’on a manquée …
  • — Je n’ai jamais cessé de penser à elle.
Derrière lui, je vois arriver une femme grande, mince, à la démarche décidée. Elle approche sur sa gauche, arrive à sa hauteur et l’interpelle :
  • — Vous !
Il sursaute et se tourne vers elle.  Elle lui colle une claque retentissante.
  • — Ça vous apprendra à me faire attendre quinze ans !
  • — Quinze ans ? C’était il y a vingt-deux ans !
  • — Vous n’êtes pas Antoine ?
  • — Certainement pas. Moi, c’est Gaston. Et vous, vous n’êtes pas Hortense !
  • — Non, Irène.  Je vous prie de m’excuser pour la gifle.  Mais après tout, vous l’avez méritée, pour Hortense.
Vous avez remarqué ? Les femmes ont toujours raison. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’en arrive une autre :
  • — On parle de moi ?
  • — Vous êtes Hortense ?
  • — Oui. Que se passe-t-il ici ?
  • — Ce monsieur est Gaston, mais ne le giflez pas, je l’ai déjà fait pour vous.  Je le prenais pour Antoine.
  • — Vous avez giflé Gaston ?
Hortense colle une claque à Irène.
  • — Apprenez, Madame, que je distribue mes gifles moi-même !
  • — Ah ça !  Qui vous a permis de gifler Irène ?
Qui c’est celui-ci ? Pris par l’action en cours, je ne l’avais pas vu arriver.
  • — Elle a giflé Gaston !
  • — Vous êtes Antoine ?  Permettez-moi de vous rendre la gifle que j’ai reçue à votre place.
  • — STOOOP !  C’est la journée des retrouvailles, des acquittements. Aujourd’hui on finit ce qui n’était pas achevé.
Ils se regardent, gênés, et finissent par se présenter les uns aux autres.  Je m’éloigne subrepticement à reculon. Je marche sur un pied, et une main se pose sur mon épaule.
  • — Roger, tu as enclenché la marche arrière.  Toujours aussi distrait ?
Je me retourne.
  • — Marie-Clotilde !  Mais vous êtes tous là !  Oh, je suis content !
  • — Nous aussi nous sommes contents … très contents de te voir.
C’est Marie-Pierre qui vient de s’exprimer ainsi, plutôt froidement je trouve, eu égard aux circonstances. Je ne comprends pas et je demande :
  • — Que se passe-t-il ?
  • — Ce qui se passe ?  Où étais-tu l’année dernière à la même heure ?
  • — Ben j’en sais rien moi.  Pourquoi ?
Latifa, Marie-Clotilde, Marie-Pierre, Diem, Sacha et Tiécoura me regardent en silence.  Je suis intimidé.  Ils se consultent du regard, me fixent droit dans les yeux et disent en chœur :
  • — Le rendez-vous, c’était l’année dernière !
  • — Heureusement que tu as eu la bonne idée de rattrapper le coup.
  • — Parce que nous, on ne savait pas où te trouver.
  • — Qui aurait pu croire que le Boniface de Radio LULU était le Lieutenant Roger du Commando Impérial Galactique, aux nombreuses missions irréalisables, toutes réussies ?
  • — Grâce à vous, Messeigneurs, avec votre aide. … Dis donc, Marie-Clotilde, ce n’est pas aujourd’hui ton anniversaire ?
  • — Si. Pourquoi ?
  • — Ça ne peut pas être ton anniversaire un dimanche deux années de suite.
  • — Le rendez-vous, c’était l’anniversaire de Marie-Pierre, pas le mien !
  • — Par tous les Dieux de tous les Peuples de la Galaxie !  Je vous présente mes excuses. Et au fait, joyeux anniversaire à tous.
Il faut vous dire que nous sept, nous sommes nés la même semaine de la même année, chacun un jour de la semaine.  C’est à partir de cette coincidence qu’on a décidé qu’on était un Commando Galactique envoyé en mission secrète sur Terre.

À l’époque, nous étions très imaginatifs.

*  *  *

Nous quittons l’Arc de Triomphe et parcourons d’un bon pas des avenues et rues de Paris, en nous faufilant entre des couples et des groupes qui se retrouvent.
  • — Regardez ces quatre femmes à la terrasse, comme elles ont l’air heureuses.
  • — Elles rient comme des gosses.
  • — Et elles boivent des sirops à l’eau … des vieilles copines d’école.
  • — Qu’est-ce qui a pu les séparer ?
  • — La Sinitre Trinité : Concubin, Gamin, Turbin.
  • — Et les voici qui se retrouvent dans leur café !
Dans un autre quartier :
  • — Tu as vu ces deux-là ? On dirait un père et son fils.
  • — Qu’est-ce qu’ils font en face d’une prison ?
  • — L’un d’eux n’a pas accueilli l’autre le jour de sa sortie, je parie.
  • — Maintenant ils se sont retrouvés et ils se parlent.
Plus loin, devant un cimetière :
  • — Eh bien, on se croirait à la Toussaint !
  • — Entrons voir.
  • — Certains sont seuls devant une tombe, mais d’autres … regardez ces trois là : ils viennent d’arriver séparément et se saluent.
  • — Oui, la mort d’une personne aimée peut entraîner la séparation des survivants.
  • — Eh bien, voilà un dommage qui se répare.
Ailleurs :
  • — Ça alors ! Vous voyez ce que je vois ?
  • — Les trois vieilles dames qui font la ronde dans le square ?
  • — Oui, elles portent une étoile jaune !
  • — Elles devaient faire la ronde ici en 1940, avant les grandes rafles. Mais elles devaient être plus nombreuses alors. … Les autres …
  • — Nous ne pouvons pas les voir, mais je suis sûre que les autres dansent avec elles.
  • — Regardez avec les yeux de l’esprit.
Et soudain les vieilles dames sont remplacées par douze petites filles d’une dizaine d’années qui dansent en rond sur leur propre musique.
  • — Les enfants sont doués pour créer leur bonheur dans les pires circonstances.
  • — Le jour où beaucoup d’enfant deviendront des grandes personnes au lieu de se transformer en stupides adultes …
Nous observons ainsi des centaines de retrouvailles, toutes sortes d’émotions diverses. Beaucoup de communications inachevées arrivent enfin à une conclusion. C’est dur quelquefois, mais des regrets s’estompent ou disparaissent.

Vers onze heures, près de la Bastille :
  • — Tiens, je croyais que cette vieille brasserie était fermée depuis deux ans !
  • — Oui, elle doit être remplacée par une hyperette, mais les travaux n’ont même pas encore commencé.
  • — Dites donc, ils ont sorti les tables !
  • — Je reconnais des serveurs et la caissière !
  • — J’en ai plein les pattes. Si on …
  • — Allons-y.  Bonjour tout le monde. Alors on reprend le collier ?
  • — Un plaisir de revoir une habituée !  Nous avons décidé de faire revivre la brasserie en ce beau jour.  La plupart d’entre nous ont travaillé ici pendant plus de dix ans, vous savez ?
Après avoir salué tout le personnel, nous nous installons et passons notre commande.
  • — Eh bien, je suis épuisé mais heureux.
  • — Oui, les émotions, ça fatigue.
  • — Messeigneurs, le test sur Paris est concluant.
  • — On va pouvoir passer à la suite : la France et toute l’Europe dès l’année prochaine.
  • — Où en est-on avec la couverture médiatique ?
  • — Assurée, Lieutenant. La télé, ce soir, ne parlera que de ça. Et les journaux demain.
  • — Très bien : quand l’Europe aura démarré, le reste du monde suivra.
  • — Le timing est parfait, Messeigneurs, les Zoncks sont fichus. Ces parasites mentaux ont besoin de la boue des regrets pour se reproduire.
  • — Ils ne s’empareront pas de la Terre !
  • — La Galaxie est sauvée !
Finalement, nous sommes restés très imaginatifs.


Mark Neagu – mark@loisirscreatifs.org

Par Mark - Publié dans : Nouvelle
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Mercredi 14 juin 2006
Cette nouvelle série est inspirée par l’approche des vacances et par des rencontres que j’ai faites.

Mais les articles ne seront pas limités aux temps de vacances : il peut s’agir de restaurants avec un plus, de musées vus différemment, de promenades près de chez soi, ou d’endroits extraordinaires méconnus.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une opportunité qui ne concerne que les Parisiens et les Romains mais que beaucoup de Parisiens et de Romains ignorent.

Le jumelage exclusif de la Ville de Paris avec la Ville de Rome présente une intéressante opportunité depuis fin mars 2003 pour les habitants des deux villes :
  • — Les Parisiens désireux de visiter un musée municipal romain, c’est-à-dire pratiquement n’importe lequel des monuments antiques, musées d’antiquités plus quelques autres musées, bénéficient de la gratuité d’accès sur simple présentation de leur carte d'identité française, sur laquelle est inscrit leur domicile.

  • — Les Romains visitant un musée de la Ville de Paris, bénéficient de la gratuité d'accès sur simple présentation de leur carte d'identité italienne, sur laquelle est inscrit leur domicile.
Or, pour des raisons historiques, tous les grands musées de Rome – plus quelques autres moins connus – sont des musées municipaux. Et beaucoup de musées fameux de Paris appartiennent à la ville.


La Colonne Trajane, dite aussi de Trajan.


Par exemple, voici la liste des musées romains gratuits pour les Parisiens :
  • Antiquarium, Ara Pacis Augustae, Musées Capitolins – Palais neuf et des conservateurs, Pinacothèque, Centrale Montemartini, Musée de la Civilisation Romaine, Marchés de Trajan, Forums Impériaux, Musée des Murs de Rome, Musée Barracco de Sculpture Antique, Musée Canonica de Villa Borghese, Musée de la Casina Delle Civette à Villa Torlonia, Musée du Casino Dei Principi, Musée de Rome, Musée de Rome au Trastevere, Musée Napoléonien, Galerie Communale d'Art Moderne et Contemporain, Musée d'Art Contemporain de Rome, Musée Municipal de Zoologie, Les collections municipales du Musée Historique National de l'Art Sanitaire, Musée de la Mathématique.

Le Champs de Mars et l’École Militaire vus depuis la Tour Eiffel.


Et voici la liste des musées parisiens gratuits pour les Romains :

  • Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, Musée Carnavalet - Histoire de Paris, Musée Cognacq-Jay - musée du 18ème siècle de la Ville de Paris, Musée  de la Vie romantique - hôtel Scheffer-Renan, Musée Bourdelle, Musée Zadkine, Maison de Victor Hugo, Maison de Balzac, Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la libération de Paris – musée Jean Moulin.
Pour plus de détails, il est recommandé de ce reporter, sur le Net, à la page officielle.


Ne sous-estimez pas certains des musées dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler.

  • — “Les collections municipales du Musée Historique National de l'Art Sanitaire” sont passionnantes pour tous ceux qui veulent voir et comprendre comment les Romains sont devenus des maîtres de la recherche, du prélèvement, du transport et de l’assainissement de l’eau, dont ils ont répandu les techniques dans toutes les régions de leur Empire, y compris dans des zones autrefois arides et dont certaines le sont redevenues un à six siècles après leur disparition.
  • — “Le Musée Carnavalet - Histoire de Paris” montre clairement les inventions, techniques et méthodes qui ont permis l’évolution de pauvres villages de huttes dans des tourbières préhistoriques, régulièrement ruinés par les crues et déplacement du cours de la Seine, en une cité moderne aux multiples niveaux, y compris sous-fluviaux.


Pour ceux qui s’intéressent à la Ville de Rome et à son histoire, je recommande :

  • 1. Un texte intéressant, pas très long, destiné aux collègiens et lycéens mais lisible par les adultes, écrit par un latiniste et historien de Rome dans un style clair, et qui a le mérite de liquider quelques idées toutes faites :L’ombre des héros par Jean-Noël Robert.
  • 2. Une très bonne carte zoomable de la Ville de Rome, qui permet en plus de trouver à se loger “comme les Romains”.
  • 3. Un site très bien fait qui permet une visite virtuelle de Rome.

Pour conclure, une vraie bonne nouvelle pour les Parisiens et les Romains : on peut manger très bien à Rome et à Paris ;).


Mark Neagu – mark@loisirscreatifs.org

Par Mark - Publié dans : Promenades, Visites et Découvertes
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Vendredi 9 juin 2006


Voici ma seconde nouvelle publiée dans ce blog : « Recherches personnelles » ci-dessous.
  • Ma première nouvelle publiée ici s’intitule « Son Père, ce Héros ... », dans l’article « Grosse innovation ! » du 2 juin. 
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Recherches personnelles

Entièrement nue ! Elle ne porte qu’une toque de fourrure !

Il fait -7 degrés sur les Champs-Élysées. Comment peut-elle tenir dehors par ce froid ?

Les passants, engoncés dans des manteaux, enfouis sous des cache-nez, tête baissée, pliés sous les rafales de vent glacé, ne la remarquent pas.

— Marie-France ! Que fais-tu dehors dans cette tenue ?
— Mac, mon chou ! Comment trouves-tu la toque adorable que je viens de me dégotter ? La fourrure noire sur mes cheveux blonds … j’ai craqué.
— Mais …
— Je sais. Ce n’est pas raisonnable, mais je n’ai pas pu résister. C’est les soldes et tu ne devineras jamais …
— Mais tu es toute nue dehors, par -7 degrés !
— Tu as toujours ton regard « spécial rayons X » quand tu vois une belle femme ? Flatteur !

Je suis pris d’un doute affreux : serait-ce moi qui, à force de déshabiller les filles du regard, aurait développé un état nouveau que je ne contrôlerais pas ? Une cécité sélective aux vêtements féminins ?

La vie est un jeu dangereux, alors je décide de prendre les choses comme elles viennent, d’observer. Je ne sais pas ce qui se passe, mais l’expérience sera en tous cas intéressante.

*  *  *

Nous avions décidé d’aller au cinéma. Et là, la caissière, très quelconque, est habillée. Mais la contrôleuse, une adorable petite brune, est toute nue !

Dans la salle à moitié remplie de spectateurs, quelques unes des filles assises m’apparaissent nues. La vendeuse de confiserie, par ailleurs craquante, a le sexe artistiquement épilé. Je lui fais signe et commande deux esquimaux.

Au moment de la payer, je lui fais un commentaire gentil :

— C’est attendrissant, votre sexe épilé. J’adore.
— Mais co… comment savez-vous ?

L’expérience est probante : ce que je vois, je ne l’invente pas. Comme il vaut mieux être prudent avec ce qui m’arrive, je transforme mes paroles en plaisanterie :

— J’ai les yeux en rayons X. Ne le dites surtout à personne : je suis un extra-terrestre en visite incognito.

Marie-France est pliée de rire.

*  *  *

Le film commence. Certaines des actrices et figurantes sont très belles, mais je les vois habillées. Ma nouvelle aptitude ne fonctionne donc que sur les filles réelles, pas sur leurs images.

Après le cinéma, Marie-France choisit un restaurant turc qu’on n’a jamais essayé.

La serveuse qui s’occupe de notre table, une belle grande brune d’une vingtaine d’années, semble marcher sur la pointe des pieds – sans doute porte-t-elle des chaussures à talon.

Après le dessert, nous commandons deux cafés turcs.

— Comment désirez-vous vos cafés ?
— Savez-vous lire dans le marc de café ?
— Oh ! Je le fais quelquefois, mais seulement pour mes amis. Je ne suis pas aussi douée que ma mère. Alors, comment désirez-vous vos cafés ?
Tchok couétli, tchok tchékerli.
— Vous parlez le Turc ?
— Désolé, je ne sais dire que ça : très fort, très sucré. Mais j’espère que vous en tiendrez compte et que vous lirez dans ma tasse.

Elle sourit et s’en va.

Le café nous est apporté comme je l’aime : si dense de marc que, comme on dit à Istamboul, la cuillère y tient debout.

Quand j’ai fini de le boire, d’un coup comme il se doit, je retourne ma tasse sur la soucoupe. Quelques minutes après, notre serveuse arrive, prend ma tasse et en examine soigneusement l’intérieur. Elle a l’air surpris.

Elle examine ensuite les dessins formés dans la soucoupe par le marc qui y a coulé. Maintenant elle a l’air inquiet. Elle s’exprime avec hésitation : « Je ne sais pas … quelque chose d’important va vous arriver … est en train de vous arriver. C’est une benédiction, mais ça peut être une malédiction. Quand un homme reçoit de Dieu une faveur exceptionnelle, il lui faut faire preuve d’une sagesse exceptionnelle. Soyez très prudent. »

Elle refuse d’en dire plus et s’éloigne rapidement.

J’ai au moins appris une chose : cette fille sait lire dans le marc de café !

Nous finissons la soirée dans un karaoké où Marie-France se taille un franc succès. Sa belle voix sensuelle fait craquer hommes et femmes.

*  *  *

– L’expérience est concluante, Magister, le cobaye terrien a supporté le choc de l’aptitude nouvelle que vous aviez planifiée et que j’ai introduite dans son mental.
A-t-il modifié son comportement ?
Certes, Magister, il a mis son aptitude à profit. Mais il n’en a pas abusé contre les autres.
Pensez-vous que l’expérience puisse se généraliser immédiatement à des aptitudes utiles ? Les Terriens en ont terriblement besoin, et vite ! Non seulement ils ne communiquent pas facilement entre eux, mais en plus …
Je partage votre préoccupation, Magister, mais cela me semble prématuré. Par prudence, j’avais choisi pour premier cobaye un Terrien habitué à faire face à de grosses tensions. Ce qui lui arrive, il essaye toujours d’en tirer le meilleur parti.
Comment ça ?
Il raconte des histoires fantastiques dont il ignore la fin avant de la dire.
Je vois ! Alors que proposez-vous ?
Je voudrais le garder en observation durant quelques mois.
Eh bien faites cela, Expérimentateur. Et faites attention : ces Terriens sont des sauvages mais peuvent être très attachants. Pas de recherches personnelles, n’est-ce pas ?

L’expérimentateur salue et va dans la zone de téléportation.

Il enfile son scaphandre terrien – un corps de femme –, prend un petit sac en papier terrien qu’il avait apporté, se met sous le rayon porteur et disparaît pour reparaître sur Terre.

*  *  *

Elle est partie avec un air mystérieux il y a dix minutes. Dès son retour, elle me montre un paquet de boulangerie en souriant.

Devine ce que je rapporte.
Oh ! tu as été chercher des croissants ? Tu es vraiment à croquer !
Justement, j’adorerais que tu me croques pendant que je croque un croissant.

Je me lève et la prends dans mes bras.

Alors je vais te croquer en douceur.

Je l’entends murmurer comme malgré soi :

J’adore expérimenter avec des gens imaginatifs.

Elle se tait net.  Et elle m’embrasse.

Mark Neagu – mark@loisirscreatifs.org

Par Mark - Publié dans : Nouvelle
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Jeudi 8 juin 2006
   
Une question très ancienne


Depuis qu’existent des récits de fiction écrits, certains auteurs se sont demandés d’où leur venait l’inspiration.


 
Des environnements visuels et auditifs variés et sans ordre excessif
contribuent certainement à une augmentation de la créativité.

 

Des réponses étranges
  • — La Muse inspire et motive les poètes,
  • — les Esprits dictent leurs histoires aux conteurs traditionnels,
  • — un auteur mort continue son œuvre par le truchement d’un écrivain vivant ou quelquefois d’un enfant,
  • — un mystérieux manuscrit est reconstitué en écriture automatique par une personne qui n’a jamais rien écrit de ce genre et qui ne connaît rien au sujet du manuscrit,
  • — une bibliothèque d’une vieille famille est découverte par un descendant poussé à l’action par un rêve répétitif mettant en jeu un ancêtre.
Dans toutes ces légendes, qui peuvent remonter à un passé lointain ou être toutes récentes, c’est une personne – un Dieu, un esprit jamais incarné ou un mort – qui pousse à la découverte ou à l’écriture du texte.

Comme si l’inspiration était source trop divine pour échoir à un simple mortel !

Il est vrai qu’un auteur peut difficilement comprendre, dans certains cas, comment lui est venu une idée qui lui est étrangère, ou comment il a produit un texte qui ne correspond pas à ses sujets ou traitements, ou à son style.

De là à conclure que quelqu’un lui a soufflé cette idée ou ce texte …

Certains auteurs ont d’ailleurs exploité cette veine et écrit des histoires dont le ressort principal est basé sur l’une ou l’autre de ces légendes. Nous verrons cela plus loin.


Des observations personnelles rapportées par des auteurs

Ceux d’entre vous qui écrivent depuis un certain temps ont peut-être pu vivre, pour certaines de leurs histoires, des aventures surprenantes :
  • — Le texte qui s’est écrit tout seul, je n’ai eu qu’à pousser le crayon ou à taper, sans réfléchir.
  • — L’histoire qui m’a été soufflée (perception auditive dans la tête) en état de veille.
  • — L’histoire que j’ai rêvée, qui m’a révéillé et que j’ai transcrite immédiatement.
  • — La visite d’un lieu qui m’a poussé à inventer d’un jet une histoire ancienne supposée être arrivée en ce lieu.
  • — Sans oublier la liasse de papiers retrouvée au fond d’un tiroir ou d’une caisse en carton, portant mon écriture et racontant une histoire que je ne me rappelle pas avoir jamais écrite.

Notre position avantageuse

Nous, qui nous intéressons à la création, bénéficions d’avantages énormes sur nos prédécesseurs :

1. La planète a rapetissé. Nous pouvons lire des textes venant du monde entier, ou aller n’importe où dans le monde et entendre des histoires locales.

2. Les recherches historiques prolifèrent et les commentaires de textes de toutes les époques sont accessibles à ceux qui le veulent via les grandes bibliothèques universitaires et le Net.
3. Vous et moi, ayant rencontré plus de gens divers et ayant plus voyagé, nous sommes plus aptes aujourd’hui qu’hier à confronter des points de vue qui seraient inattendus – sinon même inacceptables – si nous nous limitions à la culture dominante dans laquelle nous vivons.


Une réponse pour chacun ?

Il me semble que, si un conteur a vécu une aventure créative du type de celles citées ci-dessus, il peut décider soit de l’accepter telle quelle, soit de tenter une explication qui lui conviendra mieux que le fait brut.

De toute façon, personne ne sait ce qu’est l’inspiration, ni quelle en est la source ! Chacun est donc libre de choisir ce qui lui convient ou lui plaît ou l’amuse.

Vous pourriez lire avec intérêt les commentaires approfondis (suivez tous les liens qui vous inspirent) sur la nouvelle « La bibliothèque de Babel » de Borges. C’est une métaphore de la littérature particulièrement liée à notre sujet du jour.
  • Est-ce que tous les livres sont déjà écrits ? Les auteurs inspirés seraient-ils alors connectés à la Bibliothèque de Babel, et à la recherche de l’œuvre ultime ? Mais cette œuvre ultime qui contient toutes les créations existe-t-elle ?
  •    
  • Nouvelle fascinante, pleine de suspens et ouverte. Borges a le génie, entre autres choses, de rendre excitant un sujet aride. Cette nouvelle de Borges est à lire absolumenteuh si je puis me permettre.

Après l’article de Wikipedia ci-dessus, vous pourriez avoir envie de lire des textes fantastiques d’auteurs comme :

Quand vous aurez lu tout cela, vous constaterez certainement que vous ne savez toujours rien sur l’inspiration.

Mais peut-être que ça vous inspirera de nouvelles histoires ou de nouvelles manière de raconter ;-).

Mark Neagu – mark@loisirscreatifs.org
Par Mark - Publié dans : Écriture
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Vendredi 2 juin 2006


J’ai quelques nouvelles non publiées, une dizaine environ.


Je vais les publier dans mon blog à raison d’une par semaine.

La publication se fera le vendredi, selon une tradition datant de 2004-2005 et qui avait l’air de plaire, à une époque où je publiais de très courtes nouvelles dans le forum français du BookCrossing.

Les nouvelles que je vais publier ici sont trop longues pour tenir dans un post de forum du BookCrossing, sans compter que la mise en page y est désastreuse. Ici, la mise en page peut être plaisante et bien lisible.

Cela ne durera que le temps d’épuiser mes inédits – une dizaine à ce jour – car je suis actuellement en train de travailler à fond sur autre chose que des nouvelles. Et il pourra y avoir des semaines sans nouvelle si les circonstances l’exigent.

En tous cas, ça commence aujourd’hui, juste en-dessous ;) .
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Son Père, ce Héros ...


Il y a des jours, comme ça, où l’on aurait mieux fait de rester au lit !

La journée avait pourtant bien commencé : à 10 heures, second entretien d’embauche dans une boîte qui loue des engins de chantier. Avec le Directeur des Relations Humaines cette fois.

Et à la fin il me demande quand je peux commencer ! Après plusieurs mois de chômage ? Tout de suite !

Je commence demain. Je sors tout content du rendez-vous.

En fait, c’est à ce moment que j’aurais dû rentrer chez moi, décrocher le téléphone et me mettre au lit pour ne plus bouger jusqu’au lendemain.

Oui mais voilà : l’émotion, moi, ça me creuse. Et d’être très content, c’est une grosse émotion.

Alors, avant même de téléphoner à Nadine pour lui annoncer la bonne nouvelle, je me précipite au coin vers un marchand de crêpes et de galettes de sarrasin et je prends la complète – jambon, œuf, fromage. Quand j’ai fini, je prends une crêpe de froment à la confiture d’abricot, pour faire glisser.

Au fond, c’est juste après ça que j’aurais dû rentrer.

Je m’éloigne du kiosque à crêpes mais, au lieu de tourner à gauche vers le métro pour chez moi, je tourne à droite pour avaler un jus au troquet derrière le stand de crêpes.

Quelqu’un me bouscule en me dépassant rapidement. Je trébuche, et si maladroitement que, pour éviter de tomber, je jette ma crêpe à la confiture. Et le type qui m’a bousculé la prend sur le crâne et se met à hurler : la confiture brûlante coule sur son visage.

Et voilà que trois types armés courent vers moi ! Ils arrivent à mon niveau, me dépassent et alpaguent le gars qui m’avait bousculé.

Un des gars revient vers moi en rangeant son pistolet sous son blouson.

— Félicitations Monsieur, pour la rapidité de vos réflexes. Vous avez évité de vous faire très mal.
— Euh …
— Ne soyez pas modeste. D’autant que votre geste nous a permis d’arrêter Henri les Grandes Guiboles. Ça fait des mois …

C’est pas vrai ! Voilà que j’ai travaillé pour les keufs ! Moi ? Si Nadine apprend ça ! Nadine, c’est ma copine, et son père est en train de tirer 15 ans aux Baumettes pour hold-up ! Dire qu’elle hait les keufs, c’est insuffisant.

Là, il faut vraiment …. Trop tard !

— Monsieur ? Nous avons besoin de votre témoignage pour la brûlure au visage d’Henri. C’est un accident provoqué par Henri lui-même, qui vous a bousculé par derrière. Préférez-vous venir avec nous maintenant, ou qu’on prenne rendez-vous ?
— Rendez-vous ?
— Oui, on pourrait passer chez vous, ce soir par exemple.
— Ce soir … Nadine !
Le flic sourit.
— Nadine, c’est votre compagne ? Elle n’appréciera peut-être pas qu’on vous gâche votre soirée.
— Allons-y tout-de-suite, qu’on se débarrasse de ce truc.

C’est à ce moment que j’ai vu la camionette régie de FR3 !

*  *  *

— Qu’est-ce qu’il y a, mon Loulou ? Tu as l’air tendu. Tu as le trac pour ton nouvel emploi ?
— Euh … oui, c’est ça.
— Tiens, pendant que je prépare les bonnes choses qu’on a achetées ensemble, tu vas t’installer devant la télé.
— NON ! Pas la télé !
— Hein ?
— Le journal, c’est rien que des mensonges. Ils font rien que raconter n’importe quoi. … C’est vrai, tu sais ?
— Je sais, mon Loulou, mais je vais te mettre les infos de FR3 Paris. Là, c’est local : ils peuvent pas mentir autant.

La totale ! J’arrive à murmurer :

— Ne mets pas le son trop fort.

Pourvu qu’elle reste à la cuisine et fasse beaucoup de bruit.

Purée ! Je vais crever d’anxiété, sûr ! J’éteins la téloche et me précipite dans la cuisine.

— Finalement, je préfère rester avec toi que regarder ces trucs débiles.
— Tu as l’art de tourner les compliments, mon Loulou. Enfin, je crois que tu as voulu être gentil.

Je lui mets la main aux fesses pour la convaincre de ma sincérité.

*  *  *

Le dîner s’est bien passé, sans télé. Demain, tout cela sera oublié, chassé par d’autres nouvelles fraîches. Tiens, qui sonne à une heure pareille ?

— Bouge pas, mon Loulou. J’y vais.

Elle quitte la pièce, regarde dans le judas et ouvre la porte.

— Bonsoir. Vous êtes Nadine, je suppose.

MEEERDE ! La voix du flic malin de tout-à-l’heure, le Commissaire …

Ils entrent dans la pièce. Nadine sourit :

— Je vois que Jean-Loup vous a parlé de moi.
— Bonsoir, Monsieur Aumois. Comment va le héros du jour ?
— Vous l’appelez Monsieur ? Vous vous connaissez depuis longtemps ?

Du fond de mon tombeau, je tente un coup désespéré.

— Nous sommes en affaire ensemble, et on s’appelle Monsieur quand on est en affaire.

Le flic comprend qu’il y a un lézard. Il prouve qu’il est malin en se taisant. Je reprends du poil de la bête. Je fais les présentations :

— Monsieur Panisse, Nadine O’Shandel.
— Tout cela m’a l’air bien mystérieux.
— Nadine, c’est une affaire d’Hommes. Laisse nous un moment.

Elle quitte la pièce en me lançant un regard admiratif. Tu parles : elle se prend pour Nadine la Régulière parce que son père est en taule et que son bonhomme fait partie du Milieu.

— Prenez un siège, Monsieur Panisse.
— Avec plaisir, Monsieur Aumois.

Nadine sort et ferme la porte de la cuisine. Le commissaire commence à parler très bas.

— Et si vous pouviez éclairer ma lanterne …
— Facile. Son père est en taule pour un braquage qui a tourné vinaigre. Alors, en tant que fille de gangster, elle hait les flics.
— C’est curieux ce que vous me dites, Monsieur Aumois. Je ne vois pas  … O’Shandel ? Je vérifierai.
— Bon. Pourquoi vous êtes venu me casser la baraque ?
— Henri les Grandes Guibolles n’avait jamais été pris en flag. En vingt ans, il avait été arrêté plusieurs fois sur présomptions indirectes, mais relâché faute de preuves acceptables devant la cour. Il avait pris ses habitudes, Henri.
— Et alors ?
— On le traçait depuis des mois, et on l’a pris en flag ce coup-ci. Quand un homme d’habitudes n’a plus ses repères, Monsieur Aumois, il est désorienté. Il essaie désespérément de trouver un nouveau mode opératoire.
— Et vous l’avez aidé à le trouver, ce nouveau mode opératoire ?
— C’est un plaisir de parler avec vous, Monsieur Aumois.

Nadine a ouvert la porte de la cuisine. Elle a entendu la dernière phrase. Elle est intimidée.

— Je pensais, Messieurs, peut-être aimeriez-vous boire quelque chose ?

Voilà que je suis un de « ces Messieurs » ! Nadine ?

La machoire m’en tombe. Le commissaire voit ma tronche et reste inexpressif, mais je pense qu’il se marre à l’intérieur. Quant à moi, je ne sais pas quoi dire pour avoir l’air d’un dur.

Mais le commissaire sait. Glacial, il se tourne vers elle, puis vers moi.


— Allez, ce n’est pas grave.
— J’ai compris. Ne te fâche pas, je m’en vais.

Le commissaire adoucit l’apparente dureté de la scène :

— Quand ceci sera conclu, on arrosera.

Nadine me regarde. Je ne dis rien. Elle se retire et ferme la porte. Je souffle :

— Vous avez fait du Théâtre, Commissaire ? Vous avez suivi une formation ?
— Je fais partie d’une troupe d’improvisateurs amateurs. Je n’y vais pas aussi souvent … mais j’adore ça. Et cela peut quelquefois servir dans ma profession, comme vous voyez.
— Je vois, oui. Donc, Henri les Grandes Guibolles ?
— … a décidé qu’il était trop vieux pour faire de la préventive puis se retrouver en maison d’arrêt.
— Comment ça ?
On n’arrive plus à le faire taire. On doit se relayer toutes les deux heures pour l’interroger, tellement il nous fatigue. C’est devenu Henri la Grande Gueule. Dans les documents d’enquête, on l’appelle HGG. Pour pas se couper !
— Mais ça ne marchera pas ! L’arrestation a été filmée par FR3. Toutes ses relations …
— La camionnette FR3 ? Mais c’était notre camion centralisateur d’écoutes. Henri est un fou des portables. On avait des tas de camionnettes, de voitures, de motos et de piétons qui se relayaient pour le tracer.
— Purée, vous voulez dire … J’AI PASSÉ LA SOIRÉE À ME FAIRE DU MOURON !
— Doucement, Monsieur Aumois !
— Ouais ! J’avais peur que Nadine voie que j’avais aidé des flics, même sans le faire exprès. Elle m’aurait arraché les yeux !
— Je ne crois pas, Monsieur Aumois. Elle aurait simplement été très malheureuse. Visiblement elle tient à vous.
— Mais je ne veux pas qu’elle soit malheureuse !
— Tant mieux : j’étais venu vous demander de ne rien dire de ce que vous savez des évènements d’aujourd’hui. Alors je vous demande à vous de ne rien dire. À personne.
— Ah, sûr ! Vous pouvez compter sur moi ! Ah, là, sûr !
— Maintenant, on va refaire de l’impro, non ? Rappelez-vous, vous êtes un dur et vous êtes sur une affaire de haut niveau : le genre d’opération – on ne dit pas coup – où les partenaires – on ne dit pas complices – s’adressent l’un à l’autre en s’appelant Monsieur et en usant du nom de famille.
— Oui, Monsieur Panisse. … NADINE …

La porte de la cuisine s’ouvre.

— … que peux-tu offrir à deux partenaires qui sont parvenus à un accord satisfaisant ?

Nadine sourit, soulagée de voir que je ne lui en veux plus.

— Nous avons du Porto, du Whisky …
— Que prendrez-vous, Monsieur ?
— Un Whisky.
— Deux Whiskies, et ce que tu veux pour toi.

Elle apporte deux Whyskies puis se sert un Porto.


Nous buvons en silence. Nadine se tortille sur sa chaise. Monsieur Panisse veut se montrer gentil :

— Vous avez une question qui vous brûle la langue, non ?
— Oui, Monsieur Panisse. Je voudrais vous demander : pourquoi, quand vous êtes arrivé ce soir, vous avez dit « Bonsoir, Monsieur Aumois. Comment va le héros du jour ? »

Là, si j’interviens pas, on est mal. Panisse ne sait pas et peut gaffer. Je m’adresse à lui droit dans les yeux :

— Parce que je viens de trouver du travail.
— … et que nous ne pouvions pas commencer l’opération avant que Monsieur Aumois n’ait une couverture en béton.

Ce mec, quel improvisateur !

*  *  *

Deux jours après, au bureau, j’ai reçu un coup de fil du Commissaire Panisse. Ce qu’il m’a dit, j’en suis resté comme deux ronds de flan.

Nadine est une nymphomane … une kleptomane … enfin, elle invente des trucs … une mythomane, voilà, une mythomane !

Son père, il s’est tiré quand elle avait 12 ans.

Mark Neagu – mark@loisirscreatifs.org
Par Mark - Publié dans : Nouvelle
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Un petit enfant rit à peu près quarante fois par jour ; une grande personne beaucoup, beaucoup moins.

Un enfant est naturellemen créatif et imaginatif ; une grande personne, ça dépend.

Toutes choses égales par ailleurs, on peut donc émettre l’hypothèse que rire plus souvent pourrait favoriser la créativité.

Donc s’entraîner à rire pourrait, ajouté à d'autres exercices, développer la créativité.

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Les Vendredi 17,
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